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Spyros

    Nicolas Goyon : « le tracé d’Ahargo Lasterkaz est très nerveux »

    Nicolas fait partie de l’association des parents d’élèves de l’école de Barcus qui est à l’origine de ce trail qui en sera à sa cinquième édition. Lui-même passionné de course à pied, il nous a présenté cette nouvelle édition qui se courra le 27 avril.

    Peux-tu nous parler des nouveautés sur cette 5ème édition du trail de Barcus ?

    La principale nouveauté c’est le passage aux 21 km. L’objectif c’est de se positionner sur la distance du semi-marathon et attirer un public habitué à ce standard de course. On était sur un 19 km, ça ne parle pas trop. L’idée, c’est d’attirer des trailers essentiellement de la région, mais aussi de la Côte Basque. Nous avons également intégré le challenge Txapelketa qui regroupe une dizaine de courses de différents formats au Pays Basque. Déjà, l’an dernier, nous avons attiré quelques coureurs grâce à ce challenge, et là, avec ce format 21 km, nous espérons intéresser encore plus de monde.

    Techniquement, comment êtes-vous passé d’un 19 à un 21 km ?

    Tout d’abord, nous n’avons pas touché au parcours du trail court qui se déroule sur 10 km. En ce qui concerne le 21 km, tout en reprenant l’essentiel du 19, nous avons rajouté de la distance … mais également quelques difficultés. J’aime bien quand ça monte !

    Comme l’an dernier, nous proposons un défi sur la montée sèche sur le sommet d’Ahargo, avec la cloche à faire sonner. Nous avons ouvert une nouvelle variante pour aller vers ce sommet, avec un peu plus de difficulté. Elle se situe vers le début de la course. C’est un peu plus long, il y a 3km 600 jusqu’au sommet et on a rallongé de 2 km sur la fin du parcours. Sur cette dernière portion, nous avons ajouté deux autres montées. Il y a deux ans, nous avions déjà ouvert une crête qui donne une vue magnifique … et qui est bien relevée !

    Le site est propice à un tracé nerveux. Il n’arrête pas de monter et de descendre. Tu n’as pas une longue montée de plusieurs kilomètres, tu n’es pas en haute montagne. C’est exigeant au niveau des coureurs et c’est plus technique. Il faut quand même se connaitre un peu !

    Est-ce que c’est un tracé qui ressemble au traceur ?

    Je suis coureur et c’est vrai que, comme pour d’autres traceurs, le parcours finit par ressembler un peu à ce que l’on aime. Je suis sûr que, comme Laurent Harguindeguy, par exemple, sur le trail de Baretous, il y a des profils, des sentiers un peu techniques qui correspondent à ce je j’aime dans les courses auxquelles je participe.

    Comme souvent, le tracé du parcours demande un gros travail de préparation ?

    Cette année, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur le gros travail que l’on a mené l’an dernier au niveau du débroussaillage. Nous avons pu nous consacrer majoritairement sur l’ouverture des deux autres tronçons que l’on a souhaité ajouter au parcours. Nous avons carrément ouvert un passage sur l’équivalent de deux kilomètres. On a deux excellents débroussailleurs qui font un travail énorme, Marc et Henri qui ont passé 5 jours sur ce chantier !

    En plus, cette année, des arbres étaient tombés. Il y a deux semaines, avec des parents d’élèves, on a dû couper des troncs qui encombraient le parcours.

    Vous proposez ce défi original qui récompense le coureur le plus rapide pour faire sonner une cloche au sommet d’Ahargo.

    Nous avons décidé de mettre en place ce défi pour pimenter la course. Nous essayons de motiver des coureurs qui ne visent pas la victoire finale mais qui peuvent tenter un coup pour être le premier à faire sonner la cloche au sommet et pour cela partir assez vite. Sur le 21 km, les grosses pointures ne vont peut-être pas partir à fond, parce qu’il restera encore plusieurs difficultés après ce sommet, mais il se peut que quelques challengers soient tentés de jouer ce défi.

    Comment se passe le partenariat avec les propriétaires des terrains qu’empruntent vos parcours ?

    Nous avons vraiment de la chance. Ces propriétaires jouent le jeu. Il y en a une dizaine. Ça leur fait plaisir que l’on utilise leur propriété. Ils profitent des travaux de nettoyage que l’on mène, mais eux même entretiennent certains passages pour la course. L’échange avec eux est toujours très sympa. Nous sentons qu’ils sont avec nous !

    Vous sentez un gros engouement derrière cet évènement sportif ?

    C’est vrai, on sent cet engagement derrière nous. C’est très encourageant pour nous, organisateurs. Il n’y a qu’à voir les bénévoles, nous sommes 80 ! Cette année, nous avons encore de nouvelles personnes qui sont venues se joindre à nous. Evidemment, tous les parents d’élèves sont impliqués, c’est notre association qui est à l’origine de ce trail. Mais c’est une toute petite école …

    Le trail représente une fête pour tout le monde. Toutes les associations du village y sont impliquées. Les joueurs de rugby, les dirigeants du club nous donnent un coup de main.

    Un facteur que l’on ne peut pas maîtriser : la météo

    C’est un paramètre que l’on ne maîtrise pas mais qui a un gros poids sur la réussite de la journée. Cela va déterminer le nombre d’inscrits. Nous avons évidemment des coureurs qui s’inscrivent sur la plateforme de notre chronométreur, Pyrenées chrono, mais il y en a aussi beaucoup qui s’inscrivent le jour même. Ils attendent la veille, prennent la météo et se décident au dernier moment. Ce sont souvent des gens de proximité.

    L’an dernier, avec la pluie, on a eu un nombre important de marcheurs qui sont venus faire la randonnée. C’est un fort indicateur de l’attractivité de cet évènement et de l’attachement des gens. Nous essayons de donner du plaisir aux participants. Cette convivialité doit être une caractéristique forte de notre course. Ce ne doit pas être courir et repartir. C’est notre objectif. Nous voulons participer de ce lien social, de ce plaisir à se retrouver autour d’une manifestation sportive. S’il fait beau, c’est encore mieux ! Avec le panorama depuis Ahargo et les crêtes, c’est une réussite quasiment assurée.

    Au-delà de la course proprement dite, cette manifestation constitue aussi une jolie publicité pour le village et ses ressources naturelles.

    C’est vrai que depuis la création du trail, on voit régulièrement des gens venir s’entraîner sur le parcours. Cela vient s’ajouter aux randonneurs qui viennent aussi réaliser la boucle d’Ahargo qu’ils trouvent sur plusieurs topos. Ce site offre des panoramas superbes qui attirent les visiteurs. Il y a aussi des coureurs qui découvrent l’endroit et qui vont revenir en famille. Faire connaître le village, attirer des gens, en appui sur un beau parcours, sur la convivialité, c’est ce que l’on vise.

    Comment gérez-vous un partenariat devenu quasiment indispensable comme le sponsoring ?

    Depuis deux mois, nous venons de décrocher deux sponsors. C’est très important pour nous. Les entreprises de la commune, nous n’avons pas besoin de les relancer, elles sont avec nous. Pour ces artisans, ces commerçants, ces agriculteurs, cela va de soi de nous soutenir. C’est déjà énorme.

    Après, pour élargir le partenariat, cela devient de plus en plus difficile. Mais cela peut aisément se comprendre, nous ne sommes pas seuls et les entreprises sont donc de plus en plus sollicitées. Ce qui attire les sponsors, c’est notamment le fait que le trail soit organisé pour l’école, pour les enfants. Tout est reversé pour des actions à destination des enfants. Le fait que ce soit une course un peu installée dans le calendrier, nous en sommes à la cinquième édition, le nombre de coureurs, le sérieux de l’organisation sont également des arguments qui retiennent l’attention des sponsors.

    Organiser une course nature, un vrai défi pour l’encadrement

    Maintenant l’organisation est rodée. Il n’y a pas d’inquiétude majeure. Chacun a ses responsabilités. Ici, nous ne rencontrons par exemple pas des soucis avec le balisage que des gens malveillants modifieraient. On a eu des soucis, mais c’était dû à des passages d’animaux, mais c’était des soucis mineurs. On balise au dernier moment, la veille.

    Cela ne doit pas nous empêcher d’être sérieux, précis. L’augmentation du nombre de courses, a un côté positif, cela fait connaître le trail. Les coureurs ont un large choix, le revers de la médaille, cela peut être des évènements qui sont organisés « à la va vite », qui ne sont pas pérennes dans la durée, avec des parcours qui ne présentent pas toujours un grand intérêt. Il y a eu une explosion du nombre de courses. Mais évidemment certaines ne vont pas perdurer. Il faut des bénévoles, il faut aussi des compétences pour tracer, organiser, sans oublier la constitution du dossier administratif qui réclame un vrai travail.

    Là nous arrivons aux derniers jours avant la course. Nous devons passer un dernier coup de débroussailleuse sur le parcours, parce que la végétation a tendance à repartir. Une dernière réunion pour les bénévoles pour bien expliquer la règlementation, redéfinir le rôle de chacun. Mais les gens sont pour la plupart renouvelés sur leur poste depuis plusieurs années. Les bénévoles, ce sont ceux qui font l’ambiance de la course pour les coureurs, dès l’inscription le matin, sur les ravitaillements, après l’arrivée, pour le casse-croûte, la buvette. Ici, à Barcus, on peut aussi compter sur des gens de tout âge qui sont sportifs, qui sont des pratiquants de sport nature.

    Nicolas, tu nous parles d’un trail qui évolue encore cette année, est ce que tu as des projets pour les années à venir ?

    (Temps de réflexion et petit sourire … )

    Oui, partir sur un format Marathon. Je pense qu’il y a un potentiel de coureurs pour ce type de distance. Nous avons un site naturel qui s’y prête, des bénévoles suffisamment nombreux, efficaces et compétents pour assumer une telle organisation. Pour avoir une belle course, prendre une vraie place dans le trail régional, à cette époque de l’année, il faut passer par un 42 kilomètres. Il n’y en n’a pas à proximité, donc pas de concurrence. Le Marathon de Larrau est positionné plus tard, en été. J’en ai déjà parlé avec les autres organisateurs, le projet mûrit. Plusieurs possibilités de tracés s’offrent à nous, sur ce territoire magnifique. C’est un format de course qui attirerait de nouveaux coureurs, venant d’autres régions.

    Cela voudrait dire aussi, de passer une étape au niveau de l’organisation avec de l’hébergement, de la restauration et donc multiplier les partenariats. Evidemment, il faudrait garder les autres formats, parce que tous les coureurs ne peuvent pas s’engager sur un 42 km. Il faudra proposer un 21 km et un 10 km

    Vous avez aussi obtenu le Label Trail Runner Fondation, quels en sont les enjeux pour vous ?

    Nous avons en effet obtenu ce label. Cela vient concrétiser et récompenser les efforts réalisés. Cette année, nous partons sur des éco-cups qui seront données aux coureurs lors de l’inscription. Soit zéro gobelet aux ravitaillements. Tout le balisage est réalisé avec des fanions et des filets réutilisables. Nous sommes dans l’optique de garder les espaces propres à l’issue de la course. Cela fait partie de l’éthique de notre organisation. Mais je crois que cela ne demande pas un gros changement dans les mentalités ici. Les gens sont heureux de vivre dans ce cadre et ils le respectent vraiment. L’autre jour, nous avons fait une reconnaissance, nous n’avons pas eu un seul papier à ramasser.

    Franchement, une partie du parcours est très fréquentée toute l’année et cela reste très propre. C’est presque étonnant surtout quand tu compares avec d’autres sites très fréquentés … Les Barcusiens sont de vrais amoureux de leur nature ! Et ils veulent faire partager ce plaisir à tous les coureurs et randonneurs qui viendront en profiter !

    Pour s’inscrire : https://pyreneeschrono.fr/evenement/ahargo-lasterkaz/

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