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Euskal Trail : Jérôme Mirassou analyse les records du week-end dernier

Les vainqueurs de l’Euskal Trail, tant Jocelyne Pauly, chez les femmes, que Yannick Gourdon et Jon Aizpuru chez les hommes, ont pulvérisé les chronos des années précédentes sur l’Ultratrail de 131 km pour 6 700 m de dénivelé. L’Ossalois Jérôme Mirassou, vainqueur à la Verticausse à Millau du 60 km a, lui également, réalisé un chrono canon … qui a même surpris les organisateurs puisque le final n’était pas totalement balisé lors de son arrivée !

Jérôme comment expliques-tu les écarts de chronos réalisés par ces vainqueurs par rapport aux performances des années passées ?

Je crois qu’il faut réaliser que le trail est encore une discipline athlétique neuve. C’est-à-dire que les performances sont loin d’être stabilisées. Tout évolue très vite. Les coureurs s’entraînent de mieux en mieux. La préparation est de plus en plus pointue, calibrée pour le type d’effort selon la longueur et le profil des objectifs. Les effets de ses progrès se reportent évidemment sur le chronomètre ! Par exemple, en ce qui me concerne, j’ai pour objectif d’allonger les distances de mes courses, mais ma préparation me permet de gagner tout de même en vitesse : j’ai également réussi à progresser sur 10 kilomètres.

Pour les vainqueurs de ces courses renommées, est ce que cela veut dire que l’on se rapproche d’une professionnalisation de la préparation ?

Tout d’abord, il faut dire que le niveau global des coureurs a énormément progressé. En ce qui concerne ceux qui sont sur les podiums, on ne peut pas parler d’athlètes professionnels : il n’y a pas de revenus de la course, tout le monde a une activité professionnelle. Mais du point de vue de la qualité de leur préparation, on s’en rapproche beaucoup ! Lors de mes dernières vacances, je suis allé en Catalogne pour essayer de trouver un peu de soleil pour m’entraîner … Et bien, j’ai croisé plusieurs coureurs venus se préparer comme moi près de la Méditerranée. Ces pratiques font penser aux stages mis en place pour les sportifs professionnels.

Tu évoques également l’environnement du coureur comme une des raisons de ce « saut » de performances.

Oui, nous sommes nombreux maintenant à avoir un kinésithérapeute, un ostéopathe, un médecin du sport, un podologue qui nous suit régulièrement. De même, des coureurs qui autrefois se préparaient seuls prennent un coach. Certains ont peut être accumulé assez d’expérience, de connaissances sur la course, mais ils préfèrent se faire accompagner, avoir un regard extérieur sur leur préparation. On voit aussi des coureurs qui partagent les conseils d’un même entraîneur se regrouper pour se préparer.

Tu penses que les performances vont encore s’améliorer ?

Je crois que les records des épreuves seront encore battus. Parce que les coureurs vont continuer de « digérer » leurs méthodes d’entraînement, de les affiner encore. Je suis sûr que les performances vont continuer à progresser. Cependant, il n’y aura certainement pas toujours des « bonds » aussi spectaculaires que cette année !