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Guillaume Ducasse : « le 64 connaît une très grosse pratique du trail avec des courses renommées »

Guillaume, tu nous as expliqué que tu étais encore un néophyte sur le trail, mais peux-tu nous donner tes impressions sur cette discipline ?

Je crois qu’il faut dire que nous habitons un département, le 64, qui connaît une très grosse pratique du trail avec des courses renommées. L’ambiance est plutôt sympa, les organisateurs font de gros efforts pour que le coureur soit placé dans de très bonnes conditions.

Ensuite, si on parle de l’élite, je crois que le trail commence à basculer un peu sur le « m’as-tu vu ». En triathlon, j’ai vu l’évolution à ce niveau. C’était devenu un monde de Pimpin entre guillemets… Celui qui a le plus beau vélo, la combi la plus technique … Malheureusement, sur le Trail, il me semble que l’on commence à assister un peu à cette même dérive. Attention, comme je l’ai dit, là je parle de l’élite !

Des équipes se montent, il y a un peu plus d’argent. En même temps, c’est bien pour le sport. C’est une forme de professionnalisation qui commence avec une forte médiatisation.

Je suis trop nouveau pour avoir une vision totalement objective, mais des coureurs comme Maxime Cazajous ont dû vivre cette évolution. Il faut aussi reconnaître que cela donne des athlètes de mieux en mieux préparés, avec des performances à la hausse.

 

Tu évoques les teams, le sponsoring, où en es-tu, en ce qui te concerne par rapport à ces dimensions ?

Cette année, j’ai intégré un team, une marque française, la marque Uglow qui a monté une équipe élite et une équipe de second niveau. C’est une marque de vêtements qui s’est lancée dans le trail. Ce sont des vêtements techniques avec des coutures thermo-collées. On a eu une grosse dotation d’équipement cette année, pour commencer. C’est agréable d’intégrer un team. C’est très intéressant pour le matériel.

Le partenariat s’arrête à ce niveau. Je n’ai pas d’aide pour les déplacements. J’essaie de me débrouiller par moi-même. J’ai un autre partenaire qui me donne 1000 euros pour la saison.

J’ai un peu de mal pour aller chercher ces partenariats, mais je me dois de le faire l’année prochaine. Si tu veux aller sur de grosses courses comme le Marathon du Mont blanc, je retourne à Chamonix pour l’OCC, à la longue, ces déplacements sont coûteux., tu finis par taper sur le budget familial et faire des coupes sur d’autres dépenses.

Certains coureurs sont à, l’aise pour pratiquer ce démarchage, ce n’est pas mon cas. Je suis un peu introverti, j’ai du mal à me vendre. Mes performances me donnent une reconnaissance locale, mais j’ai encore du travail pour passer au niveau au-dessus.

 

Est-ce que tu as un suivi médical régulier ?

Je n’ai pas de suivi médical régulier. Je vois parfois un ostéo, je vais un peu chez un kiné pour des massages. J’ai la chance d’être plutôt en bonne santé. Je suis rarement malade, j’ai l’impression que le sport booste le système immunitaire. J’évite également au maximum toute prise de médicaments et j’essaie de privilégier l’utilisation de médecines douces, en suivant les conseils de ma compagne.

 

Tu fais attention à ton alimentation, à ton hygiène de vie ?

Là non plus je n’ai pas de suivi très précis. Je ne fais pas spécialement attention à ce que je mange et puis je fais tellement de sport que je brûle ! Tout le monde me dit que je n’ai jamais été aussi sec que maintenant. Depuis que je fais du trail, j’ai dû perdre 4 kg.

Avec l’arrêt de la nage, j’ai perdu des masses musculaires sur le haut du corps. En même temps, c’est le sport que l’on pratique qui veut ça. L’autre jour j’avais Kilian Jornet à côté de moi, il est creusé, il est affuté. C’est une crevette comme moi !

Il n’y a que des extra-terrestres comme Maxime Cazajous qui vont être gaillards, avec des cuisses comme ça et vont te mettre la misère sur un trail long ! Il doit faire 10 kg de plus que moi, ce n’est pas rien à porter à la longue ! Mais tu sens un gars résistant, robuste !

En termes d’alimentation, en ayant une vie stabilisée, je mange mieux et puis j’évite assez facilement les grosses erreurs. Pour l’hygiène de vie, je n’ai pas à faire de gros sacrifices, je ne suis pas un bringueur …

Pour la récupération, je m’appuie sur les programmes préparés par Nico. Il place toujours une période de trois semaines sans entraînement en fin de saison. C’est difficile à gérer. Psychologiquement, tu es content de couper la première semaine, mais après tu as envie de reprendre, tu as peur de perdre ton niveau. La troisième semaine, c’est tellement difficile de ne rien faire, que tu y vas ! Tu vas faire un footing sans le dire au coach. Tout le monde dirait, super, trois semaines de repos … mais pour nous, une semaine ça passe et après ça devient de plus en plus dur et la troisième semaine tu ne peux pas t’empêcher de repartir. C’est comme après une blessure, c’est difficile de gérer le temps d’inactivité.

 

Sur le moyen terme, est ce que tu penses monter progressivement sur les distances en visant les ultra trails ?

Mon objectif est de monter un peu sur les distances, mais de manière très progressive. Pour cette année, par exemple, les 55 km de l’OCC seront mon maximum et je ne te cache pas qu’ils me font un peu peur !

En fait, ma programmation s’étend sur deux saisons. Cette saison et la prochaine seront identiques. Je découvre ces courses, je ne veux pas brûler les étapes. L’objectif, l’année prochaine, sera d’être devant sur ces compétitions que j’aurai reconnues cette année. Le Marathon du Mont Blanc et l’OCC seront des courses sur lesquelles je partirai dans le but d’en être acteur et en essayant d’être devant.

Actuellement, je ne me sens pas capable de partir sur un plus gros kilométrage. Sur le plus long terme, je ne pense pas pouvoir être un coureur comme Maxime Cazajous, je n’irai jamais chercher des distances très longues, je pense que je vais m’arrêter à des courses comme les Templiers. C’est une course phare, c’est mon rêve de la courir. Nico me la prévoit pour l’année prochaine. 75 bornes, j’ai peur que ce soit encore un peu juste. Je ne me sens pas capable d’aller au-delà des 80 km.

En triathlon déjà, je ne courais pas d’Iron man, je n’avais pas l’envie, la fibre pour courir des longues distances. En trail, c’est pareil. J’ai des qualités de vitesse qui me servent sur le genre de course que je vise, et je pense que je perdrais cette vitesse en allant plus loin sur les distances. Des courses comme la Diagonale des fous, je la ferais, mais je la ferais avec un pote pour la finir, mais en aucun cas dans le but de performer.

En fait, ces courses comme les Templiers m’attirent parce que j’aime bien aller me frotter à ce qui se fait de mieux comme coureurs. C’est cette bagarre, cette compétition qui me motivent !