ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER !

Guillaume Ducasse : « le trail, comme le triathlon, c’est l’occasion de découvrir de nouveaux horizons, de voyager »

Guillaume, tu nous as dit que tu étais encore un néophyte dans le trail, que tu avais longtemps été un triathlète …

J’ai commencé le triathlon à l’âge de 16 ans. J’ai pratiqué ce sport pendant presque 20 ans. Les deux dernières années, j’ai couru en Espagne, à un très bon niveau. J’étais dans un club espagnol, je me suis vraiment fait plaisir. Et puis bon, à la longue j’ai senti que la boucle était bouclée … J’en ai trop fait, trop d’entraînements, cela me prenait trop de temps. L’accumulation des 3 disciplines correspondait à 25 heures d’entraînement par semaine. Plus le travail, cela a donné une usure psychologique, tu as envie d’aller voir autre chose.

Je suivais déjà les résultats de Maxime Cazajous, de Jérôme Mirassou, que je connaissais, et j’ai basculé dans le trail. Je m’en veux de ne pas l’avoir fait avant. Là, j’ai quarante ans, j’ai une marge de progression, mais si j’en avais 10 de moins, je pourrais espérer quelque chose de très sympa. Là, j’ai deux, trois ans devant moi …

 

Tu commences dans le triathlon tout jeune, ce n’est pas un choix anodin, alors que beaucoup d’adolescents font le choix de sports collectifs … ou de ne pas faire de sport du tout !

Avant 16 ans, j’avais touché un peu à tout. La natation tout jeune, la course à pied, le vélo. Et puis, je me suis dit, pourquoi ne pas mettre les 3 disciplines ensemble. Le triathlon est vite devenu un virus … à la fin c’était plutôt une contrainte.

Le triathlon, cela a été une démarche individuelle. Au début, je n’avais pas de club. Je me préparais seul, de manière très empirique. C’était une accumulation de séances. Je lisais quelques magazines. Après, au bout de deux ans, je suis entré dans un club, mais franchement, cela ne m’apportait pas grand-chose.

C’est sûr que c’est différent que d’aller jouer au foot, au rugby ou au tennis avec des copains ! C’est particulier, oui, cela engendre de la souffrance, c’est un sport qui demande de l’effort, de l’investissement. J’aime ce dépassement. En fait, je suis compétiteur depuis tout gamin. J’aime ça, j’aime me faire mal … J’aime souffrir, j’aime ce plaisir que cela apporte quand tu as fini. Ça peut paraître un peu bizarre … Mais je ne suis pas le seul comme ça !

 

Pourquoi avoir choisi le trail, alors que ressentais une certaine forme de « ras le bol » pour le triathlon ?

Ces dernières années, j’étais déjà intéressé par le trail : je regardais les résultats, les différents types de courses. Cela me faisait envie. J’étais très attiré par la course nature. J’aime aussi l’effort long. Mes parents habitent Laruns, en Vallée d’Ossau, c’est un territoire très favorable à la course en montagne, en pleine nature. Les tours de piste, la route, ça va un moment. J’en fais encore, mais c’est le contact avec la nature qui me plait. La beauté des sites dans lesquels tu cours.

C’est l’occasion de découvrir de nouveaux horizons, de voyager. Sur le triathlon, c’était déjà une dimension que j’aimais bien. Avec le trail, je viens de découvrir les Alpes. C’est très motivant, cela me donne envie d’aller me tester sur d’autres courses.

 

Tu étais déjà coureur, mais comment s’est effectuée ton adaptation au trail ?

J’ai quand même dû m’habituer à la course nature. Mais je suis un poids plume, je passe partout, ce n’est pas quelque chose qui me faisait peur, j’aime grimper. Mais c’est un sport qui permet de varier les entraînements. Le lundi tu peux être sur la piste, le mardi sur la route et le mercredi être sur le Pic du Rey en Vallée d’Ossau et enchaîner trois fois la montée pour réaliser 3 fois 1000 m de dénivelé positif.

 

Tu as également fait le choix de prendre un coach.

J’ai de suite voulu m’entraîner intelligemment. En triathlon, je me préparais tout seul et je voyais que j’arrivais à des limites. Je me blessais souvent, et puis je me suis dit que quitte à changer de discipline autant avoir un regard extérieur. Nicolas, m’a fait changer sur la charge d’entraînement, il fait attention à ne pas trop en mettre, alors qu’avant, j’avais tendance à en avaler, à en avaler … Il arrive à me canaliser. Je m’entraîne moins, je suis un peu frustré, mais je ne me blesse pas. La priorité, c’est de ne pas se blesser !

C’est aussi un regard plus pointu, plus qualitatif, basé sur l’écoute de ses athlètes. C’est vrai qu’il me questionne beaucoup, mais une fois qu’il me propose une planification de séances, je ne me pose aucune question : il envoie l’entraînement, je le regarde et je fais. Je suis un petit soldat, et ça me va !

 

Nicolas Boyer est aussi le coach de très bons coureurs comme Maxime Cazajous, Jérôme Mirassou ou Brice Delsouiller, tu as l’occasion de t’entraîner avec eux ?

C’est vraiment le pied ! J’apprends beaucoup. En fait, avec eux, il n’y a pas besoin de beaucoup parler. Il suffit de courir avec eux. Quand je pars avec Max, c’est dur, j’en bave ! Il n’y a pas besoin de paroles : tu te mets dans les pieds et tu apprends. Parfois, j’en ai presque la boule au ventre, parce que je sais que ça va être très dur, mais c’est très positif pour moi.

J’ai eu besoin d’améliorer mes descentes et je vois que je suis en train de progresser. C’est la pratique qui commence à payer, les conseils de Brice, se mettre dans les pieds de Max …

Jérôme Mirassou est aussi un exemple pour moi, par sa rigueur dans sa préparation, sa gestion des courses.