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Pascale Cartillon : « En club, ils m’appellent la métronome ! » (3/3)

Retrouvez dans cet article la troisième et dernière partie de notre échange avec la runneuse Pascale Cartillon.

Kapp10 – Comment a évolué votre manière de courir au fil des années ?
Pascale Cartillon – Avant de courir en club avec les Aigles de Pau, je courais de manière très empirique. Au début, mon but, c’était de faire ma boucle qui mesurait 12 kilomètres. Il fallait que je l’aie parcourue en une heure. Je ne faisais que quelques courses comme la Féminine de Pau.
Mon frère m’a expliqué que j’allais me diéséliser et qu’il fallait que je me prépare à courir à différentes allures. C’est ce qui m’a amené à m’entraîner en club et c’est là que j’ai appris à fractionner. Mais ce n’est venu que tardivement, il y a 5 ou 6 ans. Et à partir de là, bien évidemment, j’ai progressé.
J’ai aussi lu pas mal d’articles dans des revues ou sur internet. Je me suis notamment appuyé sur certains articles qui t’expliquent que si tu veux courir vite, il faut t’entraîner à des allures lentes sur certaines séances. Cela veut dire que sur ces entraînements à allure footing, je peux parler à tout moment. Bon, c’est sûr, si certains lisent ça, ils vont dire que même morte, Cartillon, elle pourrait parler !

K10 – Il paraît que vous avez un sens du timing incroyable… pouvez-vous nous en dire plus ?
PC – Quand on me parle du repère du chrono, ça me fait rire, parce qu’au club, ils m’appellent la métronome ! Et c’est vrai, que je me connais maintenant parfaitement bien. Par exemple, sur l’entraînement, si je dis on passe en 4 minutes au 1000, je ne regarde plus le chrono et je passe en 4′ ! On fait du 400, on dit on passe en 1’35, je sais que je vais passer en 1’35. Et on va passer les 10 boucles en 1’35. Et sur la course, je me connais. S’il faut passer en 4’10, je pars en 4’10. Je ne regarde plus le chrono. Ce que j’ai tendance à plus regarder maintenant, c’est le cardio.

K10 – Est-que vous noter vos différentes performances au fur et à mesure ?
PC – Je sais que certains coureurs ont l’habitude de garder des traces de leurs entraînements, de leurs performances sur des cahiers. En ce qui me concerne, je ne l’ai jamais fait. Par contre, depuis que j’ai une montre GPS, je garde ce que j’ai fait. Par exemple, sur le Tour du Béarn, je suis allée regarder le temps que j’avais fait l’année d’avant. Et du coup, je me suis dit, bon si je fais aussi bien, … Et puis, j’ai même fait mieux !

K10 – Comment organisez-vous vos entrainements ?
PC – J’arrive à caler 4 séances par semaine. 5, cela peut arriver, mais c’est très difficile, il faut le temps et avec le travail ce n’est pas simple de jongler.
Je programme sur la semaine. Elles ne se ressemblent pas toutes. Après une course j’ai besoin de récupérer. Sinon, ma préparation s’articule autour du mercredi, c’est un entraînement avec le club. Je fais ce que les entraîneurs ont prévu : si c’est du 400, je fais du 400, si c’est du 800, je fais du 800. Pour moi, l’intérêt d’aller au club c’est de trouver une motivation, de courir avec d’autres de trouver une émulation.
Selon mes objectifs, cette semaine va être complétée par au moins deux séances de footing, à 75 %, sur 10 km à peu près. Et ensuite, soit je positionne une séance de côte, c’est le cas quand on est en préparation du Challenge d’Ossau, soit, je vais faire du long.
Fractionner en côte, ce sont des entraînements difficiles, sachant que maintenant, j’ai plutôt tendance à privilégier ce type de préparation. Le long, ça m’use.
Toute ma préparation est réalisée, soit sur le stade pour le mercredi, soit sur de la route ou du terrain un peu meuble le long du gave. Mais ce n’est en aucun cas du trail !

K10 – Est-que vous arrivez à associer le plaisir, le travail et les entrainements tout au long de la semaine ?
PC – Je vais encore à l’entraînement avec plaisir… Bien que là, on arrive sur une mauvaise période, il va faire nuit tôt. C’est beaucoup plus difficile de partir courir. Je ne suis pas du matin pour me lever et aller courir avec la frontale à 6 heures. Il va falloir que je trouve deux créneaux entre midi et deux. De toute façon, je n’arrive pas à courir avec une frontale.
Des articles conseillent de diversifier les entraînements, mais je ne nage pas super bien, et puis aller nager entre midi et deux, ça me coûte : compter les carreaux, très peu pour moi ! Je préfère aller faire un footing.
Il y a aussi le vélo. Je fais un peu de VTT, histoire de faire tourner les jambes, pour récupérer.

K10 – J’imagine qu’avec l’âge la récupération devient difficile… je me trompe ?
PC – C’est ca, mon souci, maintenant, c’est la récup. Mes temps de récupérations sont plus longs. Après une course, je laisse passer un peu plus de temps. Je crains la blessure : la blessure de fatigue, l’entorse de la cheville …
Cette semaine par exemple, je ne cours pas du tout. Je ne reprends que samedi. Mais en même temps, il ne faut pas couper trop longtemps non plus, parce qu’ensuite tu perds vite. C’est le rythme, le problème. Je crois que j’ai la distance, j’ai l’endurance, mais pour ce qui est du rythme, c’est plus complexe à travailler et c’est ce que tu perds le plus vite.

K10 – Est-que vous surveillez votre alimentation ?
PC – En fait, je n’ai jamais fait très attention. Je suis très gourmande de tout ce qui est sucré. Par contre, je n’ai jamais été très attirée par la charcuterie, donc ça ne me manque pas.
Jusqu’à il n’y a pas très longtemps, je déjeunais juste avant de courir. On m’a conseillé de me laisser le temps de la digestion … Dimanche matin, j’avais une étape très tôt, je suis partie, je n’ai pas déjeuné. Je n’avais pas envie de me lever à 4 H et demie ! J’ai pris une pâte de fruit et ça a suffi.
Je n’ai jamais surveillé mon alimentation, mais je crois que j’ai dans ma vie ordinaire une alimentation saine. Je ne prends pas de compléments alimentaires.

K10 – Est-que vous avez un suivi médical ?
PC – Le seul suivi médical que j’aie, c’est l’ostéopathe, je consulte tous les 3 ou 4 mois. Là, par exemple, après le challenge d’Ossau, le Tour du Béarn, il va tout vérifier, genoux, hanches, dos.
Sinon j’ai fait le test à l’effort à 50 ans et c’est tout. Je ne fais pas de bilans sanguins réguliers.