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Pascale Cartillon : « On observe de plus en plus de filles dans les courses » (2/3)

Retrouvez dans cet article la deuxième partie de notre échange avec la runneuse Pascale Cartillon.

K10 – Sentez-vous une rivalité entre les hommes et les femmes lors des compétitions ?
Pascale Cartillon – Ce qui me surprend toujours, c’est que lorsque tu doubles un mec, il accélère. Pas plus tard que dimanche, avec un gars que j’apprécie vraiment, on prend le relais en même temps, il reste deux bornes à faire. Il est plus « robuste » que moi, je lui dis: « je me mets à l’abri derrière toi dans la longue ligne droite ». Je me cale derrière lui, je sentais que je pouvais aller plus vite. Je le double et à un moment son esprit « mâle » a repris le dessus, parce qu’à 100 mètres de l’arrivée, il a dû se dire: « non, je ne peux pas la laisser devant » et là, il m’a fait une accélération, et il m’a passée. Et dans les courses c’est pareil.
Après, moi, je suis souvent dans la lutte, que ce soit un garçon ou une fille. Mais je remarque souvent ça.

K10 – Pensez-vous que les hommes sont plus médiatisés que les femmes dans l’univers running ?
PC – Oui, les performances des garçons sont souvent plus médiatisées. Tu n’as qu’à regarder les photos des podiums dans la presse. Tu as systématiquement le podium masculin, rarement le podium des filles. Tu vas parfois voir Jocelyne Pauly … qui est de toute manière au niveau des performances des meilleurs garçons.

K10 – Trouvez-vous qu’il y a une augmentation du nombre de femmes dans les compétitions ?
PC – C’est une évidence pour moi : on a de plus en plus de filles dans les courses. Sur le Tour du Béarn, cette année, il y a eu 25 % de plus de filles. Ce qui m’a le plus étonnée, c’est que jusqu’à l’année dernière, sur l’étape 4, sur l’Aubisque, une des étapes majeures, comme relayeurs, tu n’avais que les filles des équipes filles, et bien cette année, il y avait énormément de filles des équipes mixtes.
Sur les courses, tu as un noyau de filles qui sont à fond mais pour la majorité d’entre elles, l’engagement est moindre. Mais tu as des jeunes qui vont sortir, comme Laura Vigneau. C’est une gamine qui est très polyvalente qui pourra performer partout. Elle a une « gnaque » formidable.
Les filles sont majoritairement sur la course plaisir, avec un objectif santé, forme physique. Ce qui les fait venir dans la course, c’est aussi de courir avec des copines. Les courses du type la Féminine rencontrent un succès de plus en plus énorme.
Sur des courses comme l’Ekiden, on voit beaucoup d’équipes de filles. Elles se motivent entre elles, on sent un élan, mais elles ne sont pas encore dans la performance.
Je crois qu’il devrait y avoir plus de filles mieux classées avec les hommes. Pourquoi seulement Jocelyne Pauly ?