ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER !

Pascale Cartillon : « Le plaisir ne vient qu’après avoir fourni les efforts » (1/3)

Retrouvez dans cet article la première partie de notre échange avec la runneuse Pascale Cartillon.

Kapp10 – Comment a débuté l’histoire d’amour entre vous et le running ?
Pascale Cartillon – A l’origine, je suis skieuse. Pour moi, la course, c’était pour garder une condition physique. J’ai toujours couru pour le plaisir. Quand j’habitais à la montagne, j’allais courir sur les routes de montagne. J’ai habité 10 ans à Gourette, je suis montée très souvent à l’Aubisque, il ne m’est jamais venu à l’idée de prendre des sentiers et d’aller à Bézou. Pour moi, courir c’était, soit monter à l’Aubisque, soit descendre aux Eaux Bonnes et remonter. Je n’ai jamais pris un sentier sauf pour randonner.

K10 – Vous êtes plutôt route ou trail ?
PC – Moi, je suis route, route, et route ! Les deux types de courses sont totalement différents. Sur la route, il me semble que tu prends un type de foulée adaptée à la longueur de ton effort. Tu gardes cette foulée, tu as une fréquence. Après, pour le trail, il faut savoir adapter ta foulée à ton terrain, tu dois adapter ton intensité au relief, si ça monte, si ça descend.
Pour le trail, j’ai beaucoup, beaucoup, de mal à m’y mettre. Je crois que je suis un peu handicapée par ma vue : j’ai des difficultés pour discerner les aspérités du terrain et donc à anticiper mes appuis. Monter ça irait. J’adore les randos avec ma copine coureuse, Sylvie Berriex, je suis à l’aise sur les montées à marche très rapide. Par contre, en ce qui concerne la descente, je suis catastrophique !

K10 – Quelles sont vos courses et vos terrains d’entrainements favorites ?
PC – Parmi mes courses préférées, je vais citer en premier toutes celles où je cours en équipe, souvent en équipe mixte : l’Ekiden, le Tour du Béarn et le Tour de la Soule.
Je viens de faire un podium sur le Marathon du Cap Ferret en Duo.
Et puis j’adore aussi participer à des courses aussi différentes que La Féminine de Pau ou le challenge d’Ossau pour l’ambiance !
Pour ce qui est des terrains d’entrainements, j’aime bien les bords du gave de Pau pour les footings et les coteaux de Jurançon pour les côtes !

K10 – Pour vous la course représente un plaisir ou un besoin d’accomplissement personnel ?
PC – Courir avec les autres, c’est certain c’est un plaisir. Mais la course, pour moi c’est effort, la compet … Le plaisir, il ne vient qu’après que tu aies fourni ces efforts.
C’est quand tu as des douleurs et que tu réalises que la dernière fois, tu n’en n’avais pas et donc que c’était mieux ! Mais ce jour là quand tu ne souffrais pas tu n’as pas réalisé que c’était bien !
Des fois je me demande même ce qui me pousse à garder ce rythme. Il faut avoir le plaisir de courir. J’en discutais avec un petit jeune qui est au club et qui a énormément progressé cette année. Après le Tour du Béarn, il me disait, moi je cours avec plaisir. Je lui disais tu cours avec plaisir parce que tu fais des progrès, c’est valorisant. Pour moi, au point où j’en suis, quand je prends le départ d’une course, je n’éprouve pas de plaisir. Je suis tellement dans l’effort pour maintenir une performance, que ce n’est que de l’effort, ce n’est pas du plaisir. Le plaisir, il y est à l’arrivée de la course, quand je sais que la performance est là, que je maintiens mon temps. A l’arrivée, je regarde plus mon temps que la place à laquelle j’arrive.
Quand j’entends les gens au départ qui disent, profitez bien, prenez du plaisir, moi, je ne suis pas là-dedans.
Il va falloir que j’accepte de ne plus courir pour améliorer ou maintenir une performance et là oui, je courrais pour le plaisir. Je pourrais partir et après advienne que pourra. Sans objectif. Ma prochaine course, c’est un 26 kilomètres avec une copine. Je pars dans l’inconnue. Elle me dit, on y va pour prendre plaisir. Pour moi, on ne va pas faire 400 bornes pour rien ! On y va pour faire de notre mieux, on n’y va pas pour notre plaisir !
Même à l’arrivée de la Féminine de Pau, les gens croient que c’est facile pour moi. Mais pas du tout, quand j’arrive, je suis morte !

K10 – Quelle est votre méthode pour avoir un mental d’acier ?
PC – Ce qui me vient à l’esprit quand je suis dans le dur c’est : qu’est ce que tu es venue faire là ? Où alors : tu n’es pas à une minute près, ralentis. Des fois je m’écoute… par la force des choses. C’est encore plus dur quand tu es rattrapée ! Tu as beau te dire, elle est toute jeune, c’est normal … Moi, je marche au moral … Mais bon, c’est peut être pareil pour tout le monde ?