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Retour sur le Tour de la Soule édition 2018 : « la course par équipe attire beaucoup de coureurs »

Quelques semaines après la troisième édition du Tour de la Soule, Nicolas Duplaa a partagé avec nous ses analyses concernant cette course par équipe qui a connu un grand succès.

Nicolas, cette troisième édition du Tour de la Soule a connu un grand succès auprès des coureurs, tu t’attendais à un tel succès ?

C’est vrai, nous avons connu une montée en puissance du nombre d’équipes engagées, de 41 à la première édition, 43 la seconde, et là, on passe à 71.

Comment expliques-tu ce phénomène ?

Nous avons bénéficié des bons échos que nous ont rapporté les coureurs des deux premières éditions et puis nous avons choisi de communiquer en nous appuyant massivement sur la vidéo. Par exemple, dès la première année, nous avons fait venir un caméraman avec un drone. Tu postes ces images sur les réseaux sociaux, à cela tu ajoutes les échos des coureurs, et tout le monde parle de ta course. C’est de la publicité gratuite !

Tu penses que ce sont les coureurs eux-mêmes qui sont vos meilleurs ambassadeurs ?

C’est sûr ! Pour exemple, l’an dernier, on avait une équipe de Pauillac, ils étaient cinq, cette année, ils sont arrivés à cinquante ! Ils ont loué un grand gîte à Idaux Mendy, et après la course, ils n’ont pas été les premiers à se coucher, je pense qu’ils ont passé un bon week end !

Le choix de positionner cette course le samedi facilite la mise en avant de l’aspect festif. Les gens passent la soirée ensemble, ils restent sur place. Tu avais des gens de la Gironde, des Landais, des Lourdais. Derrière, c’est un plus pour toute la vallée qui travaille, parce qu’il faut les loger, les restaurer, ils font leurs courses. Notre but, c’est aussi de faire la promotion du territoire en attirant tous ces sportifs et leurs accompagnateurs dans la vallée.

 

Pourtant, la météo n’a pas été avec vous …

Nous n’avons vraiment pas été aidés ! C’était gras, il pleuvait un peu le matin et après ça a été le brouillard. Tu arrives en haut d’Ahusquy, ou à Saint Grégoire, tu ne vois rien, alors que ce sont des superbes vues !

Tu ne penses pas aussi que ce type de course par équipe connaît un franc succès ces dernières années ?

La course par équipe attire beaucoup de coureurs. C’est différent de la course individuelle où chacun court pour sa peau. Là, tu as un coureur dans l’action mais les quatre autres l’encouragent et ils suivent les autres équipes. C’est un esprit convivial. Tout le monde s’encourage.

D’autre part, un de nos objectifs est aussi d’élaborer des étapes de niveaux de difficultés différentes. Notre volonté c’est de rendre accessible ce relais à des coureurs de niveaux variés. Nous avons mis en place deux étapes difficiles, une de niveau moyen et deux faciles. Tu peux positionner tes équipiers les moins bien préparés, sur les étapes les plus faciles et ceux qui sont plus aguerris sur les étapes les plus dures ! Si tu as cinq bons coureurs, ils vont cartonner, mais tu donnes volontairement accès à l’épreuve à des coureurs de niveaux différents. C’est le principe des Ekiden qui sont des courses à la mode, qui attirent beaucoup de coureurs. Nous avons aussi un peu repris le principe du Tour du Béarn, mais sur une seule journée avec 5 coureurs, alors que le Tour du Béarn se court sur deux jours avec 7 équipiers.

Organiser une course, c’est beaucoup d’investissement, de craintes, d’inquiétudes. En ce qui vous concerne toi et ton équipe, quelles sont vos principales préoccupations ?

La plus grande crainte, c’est qu’il y ait un pépin physique. La canicule n’était pas au annoncée, ça allait. Et puis qu’il y ait des coureurs qui se perdent. Avec le brouillard, on avait doublé le balisage avec des jalonnettes.

Nous allons débriefer dans les jours à venir, mais cette année, mis à part la météo et quelques petits couacs dont les coureurs ne se sont pas forcément rendus compte, globalement cela s’est bien passé. Nous essayons toujours d’améliorer les détails … mais rien n’est jamais parfait !

Avant la course j’ai passé une semaine horrible, à stresser, à mal dormir ! C’est surtout cette dernière semaine. Tu te demandes si tu as bien pensé à tout. Tu regardes la météo, ils annoncent qu’il ne fera pas beau … La veille tu es sur le parcours à baliser, à peindre le fléchage, tout est organisé minutieusement. Mais le jour J tu es debout à 5 heures du matin pour aller tout revérifier, tu es tendu, le téléphone sonne sans arrêt …

D’autres points de l’organisation sur lesquels porte votre attention ?

Le passage d’une étape à l’autre est aussi un moment crucial. C’est une course de la journée. Le chronométrage est aussi un élément important. Il ne faut pas qu’il y ait de loupés sur les relais et que tous les résultats soient disponibles dès la fin de la course.

Autre stress, c’est celui de trouver suffisamment de signaleurs. Sur chaque étape, tu en as 20 à 25. Certains peuvent doubler les étapes, mais il faut pratiquement une centaine de personnes disponibles. Ils doivent connaître la course, savoir orienter les coureurs, sécuriser un carrefour. Il ne faut pas qu’il y ait un pépin avec les voitures.

Par exemple, le prologue, le samedi matin, au marché de Mauléon, c’est très sympa pour tout le monde, mais il faut vraiment soigner la sécurité ! Il faut travailler avec la préfecture, les municipalités concernées. Cela représente un gros boulot pour une dizaine de personnes sur plusieurs mois de l’année.

Nous avons aussi obtenu un label éco responsable, le label Trail Runner Fondation, c’est un souhait fort de notre part, celui de laisser la montagne propre. C’est important pour nous de pouvoir organiser des courses, de pouvoir nous entraîner, mais la montagne n’est pas à nous ! Elle est à tout le monde. On interdit la rubalise, les gobelets des ravitaillements sont bio dégradables, comme la craie que nous utilisons. Les jalonnettes sont relevées le soir même de la course et tout est nickel.

Qu’en est-il des aspects financiers, du budget de cette course ?

Un des plus gros boulots en amont, c’est de trouver les partenaires sans lesquels on ne pourrait pas tenir ce challenge. Nous récompensons toutes les équipes. Le soir, à la remise des prix, tout le monde a quelque chose : à l’arrivée on offre un fromage, un foulard, des bonbons. Certains de ces lots nous ont été offerts, pour d’autres nous les avons achetés, mais avec l’idée de faire travailler les producteurs locaux. Cette dotation plus celle du départ, les ravitaillements, cela finit par donner un budget conséquent ! Nous ne pouvons que remercier tous nos partenaires !

Pour revenir sur le tracé de la course, c’est aussi une source de réflexion et de travail majeure pour l’équipe d’organisation ?

Le tracé avait été changé cette année. Les deux premières années on allait de Mauléon à Tardets en passant par Montory, Licq et cette année, pour faire découvrir la Soule, on est passé par St Grégoire, Aussurucq, Ahusquy. Nous avons changé 4 étapes sur 5. Seule la montée à la Madeleine a été gardée. C’est l’étape phare, un peu emblématique.

L’idée, selon moi, mais ce sera une décision d’équipe, serait de garder ce tracé pour l’année prochaine pour que les gens puissent profiter du panorama. Et puis c’est un énorme boulot que de finaliser un parcours. Tu dois l’adresser en Préfecture trois mois avant. Tout l’hiver, ce sont les repérages, le nettoyage des parcours, c’est aussi un gros travail. Il faut également gérer des passages sur des terrains privés. C’est pour cela aussi que l’on ne communique pas les tracés à l’avance pour ne pas que les coureurs aillent repérer ces parcours et puissent occasionner des gênes aux propriétaires. Nous avons proposé deux temps de reconnaissances officielles.

Selon la météo, tu peux avoir aussi des portions qui doivent être modifiées au tout dernier moment. Cela a été le cas sur un endroit qui avait beaucoup été abîmé par des passages de bétail. Nous avons dû contourner ce passage qui n’était plus utilisable pour les coureurs tellement il était boueux.

Il faut aussi négocier avec d’autres éventuels utilisateurs des espaces, d’autres organisateurs de manifestations. Mais nous sommes aujourd’hui une animation importante pour les communes de Mauléon et de Tardets et pour les autres villages traversés.

Quelles sont les perspectives pour le Tour de la Soule dans les années à venir ?

Si l’on se projette en regardant ce qui s’est passé depuis les trois premières éditions, je crois qu’il ne faut pas dépasser 75 équipes : il faut que ça reste convivial et dans un esprit familial. Tu as envie que les coureurs repartent contents. Dernièrement, une course s’est mal déroulée, l’organisation n’a pas été au top sur plein de paramètres et les coureurs en ont beaucoup parlé. La réputation d’une course n’est pas facile à construire mais elle peut rapidement être mise à mal ! Tu commences à avoir une grosse concurrence entre les courses. L’idée, ce n’est pas forcément d’avoir de plus en plus de monde, mais de faire quelque chose de bien qui soit intéressant sportivement, avec un accueil des coureurs de qualité et qui serve à promouvoir notre territoire de Soule !

Il ne faut pas que l’on soit dépassé par la logistique, comme par exemple penser à l’accès des différentes étapes, à la capacité de stationnement des différents sites. C’est un peu compliqué au regard de la configuration de certains de nos villages et des voies d’accès qui les relient.

Cette année, les gens se sont inscrits au dernier moment, on a été un peu surpris parce que 2 semaines avant la course, on avait 40, 45 inscrits. Ce qui correspondait au format des deux premières éditions. Mais au pied levé, il a fallu revoir à la hausse la dotation, les repas, les ravitaillements … Tout le monde a réussi à s’adapter en un temps record. C’est un bel exploit qu’ont réalisé toute l’équipe d’organisation, les bénévoles, bien aidés par l’ensemble de nos partenaires !

C’est un gros coup de stress mais en même temps, tu es content de faire exploser le nombre de participants, c’est une belle réussite !

En ce qui concerne le tracé, pour l’avenir, il faudra peut-être, tout en gardant une logique dans la continuité des étapes, réfléchir à exploiter d’autres territoires : la Soule est vaste et belle !