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Sylvie Berriex : « J’ai toujours souhaité courir à un bon niveau, mais tout en restant amateur. » (2/3)

Suite de notre interview avec Sylvie Berriex, qui nous parle cette fois ci de ses courses au programme cette année et de ses objectifs personnels.

Kapp10 – Est-ce que tu as souhaité allonger tes distances progressivement ?
Sylvie Berriex – Je me suis essayée sur le marathon. Mais j’ai eu une expérience qui m’a un peu freinée. Dès ma première tentative, j’ai réalisé une bonne performance. Je me suis lancée dans une préparation spécifique sur cette distance. Pour ma deuxième expérience, j’étais tellement prête et pleine d’envie … que je suis partie trop vite et j’ai explosé. En fait, j’ai réalisé un temps largement moins bon que pour ma première sans préparation spécifique !

K10 – Es-tu une coureuse qui planifiait ses saisons, sa carrière ?
SB – J’ai toujours participé aux courses un peu comme elles venaient. Je n’ai pas construit une carrière. Ce que j’ai toujours gardé, et ce, depuis l’époque d’Agen, c’est la préparation hivernale avec les cross, puis les 10 kilomètres pour savoir où j’en étais à la sortie de la saison hivernale.

K10 – Quel niveau de performances as-tu atteint ?
SB – Je pense que je me suis situé à un bon niveau régional. Pour pouvoir aspirer à courir au niveau supérieur, je n’avais pas assez de qualité de vitesse, on en revient toujours à la même chose. Avec mes performances en vitesse sur 10 kilomètres, je ne pouvais espérer faire des temps de niveau national sur Marathon. Cela a été un facteur limitatif.

K10 – Tu n’as pas tenté de passer au cran au-dessus ?
SB – Viser plus haut, cela aurait aussi voulu dire s’entraîner encore plus, avoir une hygiène de vie encore plus stricte. De ce côté-là, je n’ai jamais vraiment fait d’effort. Evidemment, sans faire des excès, mais je ne me suis jamais privée de rien. En termes de volume d’entraînement, je m’entraînais 5, 6 fois par semaine, mais pas sur un kilométrage important.

Je n’ai pas fait cette bascule parce que je pensais que le jeu n’en valait pas la chandelle. Je voyais aussi que si je m’entraînais plus, j’étais fatiguée au bout d’un moment et cela devenait contre productif. Au mieux, je serais arrivée à 36 au 10 et 1 H 19 au semi, mais bon, je n’avais pas les qualités pour faire mieux.

K10 – Tu ne surveilles donc pas ton alimentation ?
SB – Je fais attention à mon alimentation parce que je veux avoir une hygiène assez saine, mais je ne fais aucun régime. Ça jamais. Et puis, je n’ai pas non plus de suivi médical. Je vois des kinés, quand je suis blessée, souvent quand c’est trop tard…
En fait, j’ai toujours souhaité courir à un bon niveau, mais tout en restant amateur.

K10 – Tes objectifs pour cette saison qui commence ?
SB – Depuis quelques années, j’ai réduit mes participations. Je sais que je vais faire l’Euskal Trail, ça va être ma grosse course de la saison. Mais je me mets moins d’objectifs. Je me place quand même quelques courses … sinon, je ne m’entraînerais plus. Là je vais faire le deux fois 40 km.

C’est Charlotte Longis qui est venue me chercher. Elle va devoir m’attendre. C’est amusant parce qu’il y a quelques années je l’avais sollicitée, elle n’avait pas voulu courir et j’étais mieux que maintenant. Et maintenant, je vais peut être m’en voir… C’est un gros trail. Il faut s’inscrire dès l’ouverture du site parce qu’il ya un gros engouement. Je l’avais déjà couru. C’est une course qui me motive.

J’adore le fait de courir avec une copine. Par contre, il faut bien choisir sa copine ! Il faut avoir la même mentalité, avoir envie de se battre. Ce n’est pas qu’une question de niveau, parce que crois savoir prendre du recul par rapport au fait d’attendre une coéquipière ou être attendue parce que tu es moins bien. Je trouve que c’est vraiment super de partager ces moments à deux. La distance est assez conséquente.

Le second jour, tu as des courbatures pour repartir, mais au bout d’une demi-heure ça repart. Ce n’est pas quelque chose qui m’effraie parce que j’avais fait le tout premier raid, c’était je crois 4 étapes, on partait de la Pierre Saint Martin, on arrivait à Hendaye, j’avais aussi couru le 2 fois 65 ; Je sais que je vais souffrir, que j’aurai mal aux jambes, mais bon …

K10 – Tu n’es donc pas étonnée du succès des courses par équipe ?
SB – J’ai toujours bien aimé ces courses d’étapes en équipe. J’ai couru le Tour du Béarn avec les Aigles de Pau, c’est très plaisant. Tu fais se rejoindre le sport individuel avec une dimension d’équipe. Se dépasser pour l’équipe, c’est un concept que j’aime bien. Ce type de course est très porteur pour le club. Là, je vois on va faire trois équipes, ça soude bien les gens.

Certaines filles qui sur des courses individuelles qui ne vont pas trop se dépasser, vont plus avoir cette envie sur les courses par équipe. C’est vrai aussi pour des garçons d’ailleurs. Tu n’as qu’à voir le succès d’une course comme l’Ekiden sur Pau qui progresse chaque année. C’est très intéressant d’avoir des distances différentes à parcourir suivant les coureurs, leur profil, leurs capacités ; Ce sont des idées un peu nouvelles qui font venir sur la course de nouvelles personnes dont des filles notamment.

K10 – Quelles sont tes sensations quand tu es bien dans la course ?
SB – La plénitude. Le bien être. Je m’extasie toujours quand je vais courir en montagne, devant les paysages. Ayant habité en ville pendant 20 ans, je me dis quel bonheur j’ai à être là. En course, je suis plus à la lutte, mais à l’entraînement j’apprécie vraiment. En compétition, j’ai plus de recul maintenant aussi.

Sur un trail, quand tu es bien, tu as le temps de profiter un peu. Sur une course sur route, tu te dis dans un km je fais ci, dans un km je fais ça … Tu penses à tes repères en temps. Ce n’est pas le cas en trail. Sur route, aujourd’hui, je ne suis plus trop sur mon chrono, je sais que je ne vais pas améliorer mes performances, mais je vais plus regarder ma place. Regarder qui j’ai devant : lui tu le tenais, il faut que tu l’accroches … J’ai encore cet esprit classement …

K10 – Et quand tu n’es pas très bien … ?
SB – Je ne me suis jamais dit qu’est ce que tu fais ici. Parce que c’est quand même moi qui ai décidé d’être ici ! Je ralentis et je me dis, ce n’est pas grave. Je vais essayer de couper un peu, me refaire et relancer la machine.

K10 – Au départ de la course, tu as des objectifs ?
SB – Quand je pars sur une course, quand je vois le plateau des participants, j’ai pour objectif une place, gagner, faire un podium. Il faut être honnête je l’ai cet objectif dans la tête ! Mais quand je n’atteins pas cet objectif, je suis en colère contre moi, mais ça passe vite. Je ne me tords pas la tète avec ça. La période où j’ai vraiment été frustrée, c’est quand j’ai eu ces problèmes de jambe. Je savais que j’étais très très bien, mais au bout d’un moment, j’avais la jambe qui tétanisait. Je me disais que je n’allais jamais retrouver mon niveau. J’ai vraiment passé ce cap. Je me dis que je peux courir et j’en profite !